Les Saints de Chelles

Biographie


Fille du roi burgonde Chilpéric II, frère de Gondebaud, Clotilde semble avoir été épargnée du massacre de sa famille orchestré par son oncle paternel dans les environs des années 480/485. Grégoire de Tours, qui rapporte cet évènement, précise en effet que Gondebaud assassina son frère et fit jeter son épouse dans le Rhône avec une pierre attachée au cou, avant de recueillir ses deux nièces Chrona et Chlothilde dans son propre palais. L'anecdote serait ensuite reprise par le Liber Historiae Francorum qui en exagéra la portée tragique et inventa pour l'occasion deux autres fils, décapités par l'oncle régicide.

Quoi qu'il en soit, Chlothilde reçut à la cour burgonde de Gondebaud une éducation non seulement soignée mais aussi chrétienne, sans doute transmise par la reine chrétienne Carétène que l'on pense épouse de Gondebaud.

Après avoir été donnée en mariage à Clovis en 492-494, elle l'influença pour l'amener au baptême, selon Grégoire de Tours, et prit même l'audacieuse initiative de faire baptiser ses deux premiers fils contre l'avis de son époux (le premier, Ingomer, devait mourir juste après).

Statue de sainte Clotilde. Notre-Dame de Corbeil. XIIe siècle.

À la mort de Clovis, Clotilde se retira à Saint-Martin de Tours mais continua vraisemblablement à influencer ses trois fils : Clodomir, Childebert et Clotaire.

Femme politique, elle les amena à monter une expédition contre le royaume burgonde des fils de Gondebaud, vraisemblablement pour venger ses parents assassinés (selon Grégoire de Tours). Suite à cette guerre, son fils Clodomir fut tué à la bataille de Vézeronce. Elle tenta de protéger les trois fils de Clodomir, mais ne put sauver que Clodoald, le futur saint Cloud, tandis que les deux autres étaient massacrés par leurs oncles.

Pour secourir sa fille envoyée en Espagne dès 511 (et également prénommée Clotilde), elle poussa Childebert à attaquer le mari de celle-ci, le roi wisigoth Amalaric qui la maltraitait. À Tours, elle imposa des évêques burgondes réfugiés auprès d'elle.

Par ailleurs très pieuse, elle fit ériger un monastère (aux Andelys), agrandir Saint-Pierre de Reims, reconstruire les Saints-Apôtres de Rouen et fut associée à la construction à Paris du monastère des Saints-Apôtres, devenu l'Abbaye Sainte-Geneviève (actuel lycée Henri-IV).


Statue de Clotilde dans la série Reines de France et Femmes illustres du Jardin du Luxembourg à Paris.

Elle termina ses jours dans la piété, auprès du tombeau de saint Martin, à où elle mourut, le 3 juin 545. Elle fut enterrée à Paris aux côtés de son époux Clovis, dans le monastère des Saints-Apôtres qu'elle avait contribué à fonder.


Moniale de Jouarre et première abbesse de Chelles dans la Brie champenoise, choisie par la sainte reine Bathilde. Sa sainteté n'a d'autre source que la réalisation, en quarante-cinq ans, de la vie monastique dans la fidélité à tout instant et au quotidien à ses engagements religieux. Elle assuma les charges d´infirmière, de directrice d´école et de prieure.
Au monastère de Chelles dans le diocèse de Meaux, vers 705, sainte Bertille, qui, toute jeune, fut moniale à Jouarre, puis la première abbesse du monastère fondé à Chelles par la reine sainte Bathilde. Sa communauté devint très nombreuse, surtout grâce à l´affluence de filles anglo-saxones.


 

Reliquaire de Sainte Bertille


Reliquaire de Sainte Bertille

Saint Eloi, évêque de Noyon

St Eloi,  cliquez pour voir son ordination

Sa devise:
"Souvenez-vous Seigneur,
que ma vie n’est qu’un souffle
et un peu de vent"

Prière :
Dieu, ami des hommes,
Toi qui a comblé l’évêque saint Eloi
D’un admirable esprit de miséricorde ;
Fais qu’en le vénérant comme le père des pauvres ,
Nous sachions imiter sa charité
Envers les plus petits d’entre les tiens.


Né en Limousin vers 588, l’orfèvre Eloi devint monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert 1er avant d’être élu évêque de Noyon (641).
Fondateur de monastères à Solignac et à Paris, il accueillit sainte Godeberthe comme moniale à Noyon.

Il mourut en 659/660.

Il est encore de nos jours un des évêques les plus célèbres de Noyon.

>> Iconographie
L’art le montre en maréchal-ferrant ou avec les outils du forgeron qui varient suivant l’époque :
avec un marteau et un fer à cheval,
avec une jambe de cheval ferrée,
portant une armure et se trouvant sur ou près d’une enclume,
habillé en évêque et tenant un des symboles précités ou avec des outils d'orfèvre.

Quelques exemples parmi d'autres :
> Eloi en maréchal-ferrant / tryptique de St Eloi (XVème siècle) Louvre
> Plaque de St Eloi de Noyon à Brugge au musée Gruuthuse
> La vie de St Eloi représenté sur six verrières de la cathédrale d’Angers.


Sa jeunesse
Orfèvre et conseiller au service des rois Clotaire II et Dagobert
L'évêque de Noyon et de Tournai
Sa mort

"Eloi se soumit ensuite à une austère pénitence, résista courageusement aux tentations de la chair, comme s'exprime l'apôtre, par ses travaux, ses jeûnes, ses veilles, sa chasteté, avec une grande patience et une charité exempte de dissimulation ….. Il se refusait le nécessaire pour se mettre à même de mériter le pain céleste. Voué entièrement, comme il l'était, au service de Dieu, il accomplissait avec exactitude les ordres des princes lorsqu'ils étaient justes, mais il les méprisait souverainement lorsqu'ils ne l'étaient pas. Quoiqu'il fût humble dans son obéissance, il les reprenait cependant avec une grande liberté. "

Saint Ouen, ami et biographe de saint Eloi.



-1- Sa jeunesse
Eloi naît vers l’an 588, de parents gallo-romains, à Chaptelat en limousin, à une époque où se mêlent les mondes gallo-romains et barbares, souvent encore cruels, débauchés et incultes.
Le jeune Eloi qui manifeste du goût pour le travail des métaux est mis en apprentissage chez un orfèvre de Limoges. Il y fait preuve de talent et en même temps se montre pieux et avide de s’instruire.
(Nous savons par saint Ouen, évêque de Rouen et auteur d'une vie de saint Eloi, qu'il aurait fabriqué la châsse de saint Lucien, de saint Maxien et saint Julien au VII siècle.)
-2- Orfèvre et conseiller au service des rois Clotaire II et Dagobert

Dagobert, roi de tous les Francs

Peu de temps après, il se rend à Paris et entre au service d’un orfèvre renommé qui reçoit des commandes du palais royal. C’est ainsi qu’il a l’occasion d’être remarqué par le roi Clotaire II en ayant, sans frauder, réussi à fabriquer deux trônes avec l’or fourni pour un seul. L'art mérovingien, s’étendant sur une période aussi longue que le gothique, reste assez mal connu. Pourtant on sait que les techniques sont raffinées, les pièces toujours individualisées, d’où l’estime dans laquelle était tenu l‘artisan ou l’artiste. Saint Eloi représente la réussite la plus brillante mais son cas est loin d’être exceptionnel.

Le roi donc, séduit par son honnêteté scrupuleuse et sa grande piété, le prend à son service. Il devient un conseiller très écouté et est même chargé de gérer les finances royales. Il est probablement à l'origine de la création du denier d'argent.

A la mort de Clotaire en 629, son fils Dagobert hérite d'un pays unifié et devient roi de tous les Francs. A partir de 632, Dagobert est seul maître de son royaume. Il sait que pour maintenir l’unité du pays et avoir une administration efficace, il doit réunir autour de lui les aristocrates du royaume et les initier à l’art de gouverner. Il leur confie donc des responsabilités au palais avant de les renvoyer dans leur région, pourvus d’une charge épiscopale. C’est le cas de son célèbre ministre Eloi qui va exercer la charge d’officier de chancellerie avant de devenir évêque de Noyon
- 3- L'évêque de Noyon et de Tournai

"aucun chrétien ne doit mettre d’amulette au cou de l’homme ou de l’animal même si elle a été faite par un clerc."

En 641 il devient évêque de Noyon et de Tournai, tout en restant conseiller du roi. A la suite de saint Médard il va affermir l'Eglise de Noyon.
Malgré cette volonté de rendre le message chrétien accessible à tous, le paganisme restait vivace. Ce fut l’une des principales préoccupations des conciles qui se tinrent en Gaule au VI siècle. Bien plus, certains membres du clergé succombaient «à des coutumes sacrilèges» comme le reconnaissait Césaire d’Arles. Un siècle plus tard, Eloi évêque de Noyon le confirme, lorsqu’il rappelle qu' "aucun chrétien ne doit mettre d’amulette au cou de l’homme ou de l’animal même si elle a été faite par un clerc. »
Avec ses missionnaires, il va évangéliser ces régions encore peu christianisées, depuis Noyon jusqu’à Gand et Courtrai, en Flandre et fonder l’abbaye de Solignac au sud de Limoges, peuplée de moines de Luxeuil et confiée à la direction de saint Remacle le futur abbé de Stavelot-Malmédy.
Puis il fonde à Paris avec sainte Aure un couvent féminin dédié à l'apôtre de l'Aquitaine, saint Martial de Limoges. De même il crée de nombreux monastères : Gand, Péronne, Chauny, Ourscamp, Homblières.
Toujours entouré de pauvres qu’il soulage, il rachète aussi des esclaves pour les libérer. C'est un prédicateur intarissable, donnant toujours l’exemple de la sainteté.

- 4- Sa mort

Il meurt à Noyon en 659/660 vénéré de tous. Il est inhumé près de l'église dédiée à saint Loup de Troyes.
L'année suivante son corps est transféré dans un mausolée derrière le maître-autel de l'abbaye.

La châsse de Saint Eloi
châsse de St Eloi, lien vers grande photo
La châsse de St Eloi
(gravure tirée d'un dessin de Tavernier, archives de Beauvais)
Fabriquée en 1623 par rené de la Haye, orfèvre à Paris, elle était exposée sous le maître autel de la cathédrale de Noyon. Le 23 octobre 1793 le trésor et tous les objets précieux de la cathédrale sont envoyés à Paris pour y être fondus. Mais cette chasse reste sous l’autel jusqu’en novembre. Une description du 6 novembre 1793 a été rédigée lors du déplacement du trésor :
"En dôme, oblongue, ayant quatre faces surmontées d’un fronton et soutenues par des colonnes représentant sur le devant saint Eloy, sur le derrière sainte Godeberthe, à l’un des côtés saint Sébastien et à l’autre Tobie, à l’entour sont les statues des douze apôtres. Saint Eloy a quatre bagues et sainte Godeberthe une. Ladite châsse a trois pieds de hauteur sans y comprendre la lanterne, trois pieds et demi de longueur et deux pieds et demi de largeur."

Le culte de Saint Eloi
Personnage réel, il est devenu au fil des siècles un héros de légendes et l'un des saints les plus populaires de la chrétienté occidentale surtout au Moyen-Age.

Personnage réel, il est devenu au fil des siècles un héros de légendes et l'un des saints les plus populaires de la chrétienté occidentale surtout au Moyen-Age.
Encore aujourd'hui son culte est resté très vivace dans le Nord de la France, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie. Il reste encore actuellement le patron de nombreuses corporations liées au travail des métaux comme les orfèvres ou les forgerons qui lui ont dédié maintes églises.

La tradition veut même qu’avant d’être maître orfèvre il aurait été maréchal-ferrant. Un jour, afin de ferrer plus à l’aise le sabot d’un cheval rétif, il lui aurait coupé une patte, l'aurait placé sur son enclume et l'aurait rajusté ensuite sans difficulté.

Chaque année en Flandre un grand pèlerinage de chevaux commémore cet acte.

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St Eloi, miniature du XIII e siècle
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St Eloi, miniature du XV e siècle
L'abbaye de Saint Eloi
Abbaye de St eloi
L' abbaye de Saint Eloi
Saint Eloi fit bâtir une chapelle ou un oratoire à Rudoroire dans le faubourg de Soissons qu'il remplaça vers 645 par un monastère dédié à saint Leu et qui devint plus tard l'abbaye de saint Eloi.
Cette maison fut dévastée en 860 par les Normands et elle ne put jusqu'au XIIIème siècle se rétablir que partiellement.
Vers 1207
on reconstruisit les bâtiments et on éleva une église magnifique qui pouvait même, disait-on, rivaliser avec la cathédrale de Beauvais.
L'abbaye fut à nouveau dévastée en 1472 cette fois-ci par les Bourguignons qui pillèrent les archives et firent ainsi disparaître beaucoup de documents, entre autres les titres de propriété.
Cent vingt ans plus tard elle est à nouveau détruite lors de la ligue. Le roi Henri IV fit construire sur son emplacement une citadelle .
Cependant des bénédictins obtinrent de Louis XIII de s'installer dans la partie où se trouvait l'abbaye et quelques dépendances. Ils reconstruisent un modeste couvent et une église, ne pouvant réédifier la magnifique abbaye qui existait autrefois.

En 1789 ils restait environ vingt bénédictins dans l'abbaye.

Les saints fêtés à Chelles

Chacune de nos églises et chapelles porte le nom d’un saint. Chacun à leur manière ils ont été disciples du Christ. Ils nous montrent le chemin. Olivier Vatar nous fait découvrir :

- Saint André (fêté le 30 novembre) patron de notre paroisse et de l’église du 12ème siècle.

- Saint Eloi (fêté le 1er décembre et 25 juin) patron du relais de la Roseraie.

- Sainte Bathilde (fêté le 30 janvier) patronne de la chapelle av de la Résistance.

Saint André (30 novembre)

Les évangiles racontent qu’André était le frère de Simon Pierre et que tous deux étaient pécheurs à Bethsaïda ; ils possédaient une maison à Capharnaum car il est dit que Jésus y demeura pendant qu’il prêchait dans les environs. André avait été le disciple de saint Jean Baptiste et ce fut lui qui désigna le Seigneur par ces mots : « Voici l’Agneau de Dieu. » André est l’un des autres disciples de Jean suivirent immédiatement le Christ et André gagna ainsi l’honneur d’être le premier des Apôtres. Il amena son frère, Simon Pierre, au Seigneur et ils devinrent ses disciples, mais ce ne fut pas avant que le Seigneur les ait formellement appelés alors qu’ils jetaient leurs filets dans la mer de Galilée. Ils laissèrent tout et le suivirent, abandonnant leurs familles, leur travail, et leurs biens. André figure avec Jacques et Jean en tête de la liste des douze Apôtres. C’est aussi lui qui amena devant le Seigneur l’enfant aux cinq pains et aux deux poissons lors de la multiplication des pains.

Nous possédons divers récits de la vie de saint André après la résurrection mais ils sont fragmentaires et surtout peu sûrs. L’historien chrétien Eusèbe de Cesarée dit qu’il prêcha en Scythie (Ukraine) ; saint Grégoire de Nazianze, par contre raconte qu’il alla en Epire (Grèce du nord). Et saint Jérôme en Achaie (Grèce du sud). Une tradition assez sûre semble indiquer qu’il se rendit en effet en Grèce. La tradition médiévale selon laquelle il se serait finalement arrêté à Constantinople et y aurait fondé une Eglise parait dénuée de tout fondement ; les détails de son martyre sont également incertains, d’après lesquelles il aurait été crucifié à Patras et aurait prêché deux ou trois jours aux gens venus assistés à son supplice. Il est toujours le patron de la Russie et de l’Ecosse.

Saint Eloi (1er décembre et 25 juin)

Il naquit vers 588 à Chaptelat près Limoge. Ses parents Eucher et Térrigia descendaient de vielles familles Gallo-romaines, converties depuis longtemps. Eloi fit son apprentissage chez un orfèvre de Limoges, puis il se rendit à Paris et entra au service de Bobon, trésorier royal. Ayant un jour reçu commande de la part du roi Clotaire II, d’un trône d’or incrusté de pierreries, Eloi employa le surplus des matériaux précieux qu’on lui avait fournis à en ciseler un second, si bien que lorsque le roi se déclara satisfait du premier, Eloi fit apporter l’autre en disant : « afin de ne pas perdre ce qui restait d’or, je l’ai appliqué sur celui-ci ». Clotaire fut tellement enchanté de son habileté et de son honnêteté qu’il le prit aussitôt au nombre de ses conseillers.

Malgré ses occupations à la cour, Eloi continua son travail d’orfèvre, et son biographe, son ami saint Ouen, énumère une foule d’œuvres admirables : tombeaux, croix, autels…. Comme ministre de Clotaire et de Dagobert, Eloi fut chargé de diverses missions diplomatiques mais il fut avant tout leur saint conseiller. Par ailleurs il racheta des prisonniers multiplia les aumônes et fonda des monastère A la mort de Dagobert Eloi put entrer dans le clergé ; le 13 mai 641, il fut sacré évêque de Noyon et, bon pasteur, sut trouver pour s’adresser à ses diocésains un style direct et simple qui nous le rend encore sympathique. Il s’éteignît entoure de la vénération de tous le 1er décembre 660. Le culte de saint Eloi s’est surtout développé vers la fin du moyen age ; il fut alors choisi comme saint patron de toutes les corporations des divers métiers du fer surtout les orfèvres et les maréchaux ferrants. La chanson sur saint Eloi et le bon roi Dagobert n’a rien perdu de sa popularité.

Sainte Bathilde (30 janvier)

Née en Angleterre, elle fut enlevée à sa famille et vendue comme esclave à Archenaud, maire du palais de Neustrie (Gaule du nord-Ouest) et allié au roi mérovingien. Remarquée pour la douceur et la grâce de son caractère, Bathilde se vit demander sa main par Clovis II, successeur du roi Dagobert, dans des circonstances qui ne nous ont pas été rapportées. A la mort de Clovis en 657, Bathilde exerça la régence en attendant que son fils, le futur Clotaire III fut en age de régner. Elle multiplia les fondations pieuses, venant en aide aux monastères de Jouarre, Faremoutiers, Jumièges, Fontenelle (Saint Wandrille) et créant ceux de Corbie et de Chelles, où elle se retira à la suite d’une révolution de palais. Elle mourut en 680.

Olivier Vatar 27 mars 2009

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